Tu ne vois rien Tu vois tout
avec les yeux du peintre: la vie à fleur de peau, a la viscérale, et la plus-qu'humaine
la vie ouvrière du tableau, qui quadrille la surface à compartiments ,comme un patron de
tapisserie sur sinopia à petit carreaux,ou comme un quilt- cette toile que faisaient les
pionniers découvreurs d'amériques, composition de pièces ajointées. Le hasard y joue
des effets de distance et l'activité des couleurs qui propagent les correspondances,
des vraies semblances dans le camaïeu des pigments vibratiles.
Et voici q'émergent du magma les fantômes de palmiers aux contours cinetiques,
gerbes mèches membres roues couronnes étoiles
-de mer ou de ciel-
ils se contorsionnent, font écho à d'autres cases plus loin où s'expose l'enchevêtrement
de corps stylisés en un dessin érotique.
Motif répété de bacchanales par plages et grappes en enfilade: de silhouettes, se chevauchant
s'engendrant, esqissent moins des coros que des vecteurs, moins des tracés que des traces,
érections, éjaculations, jets spermatiques, formes ithyphalliques et dévoreuses,
à la manière des graffitis ou de figurines archaîques aux lignes ritualisées...
Chaque planche est une ronde d'accouplements, est une danse amoureuse et macabre aux postures outrées: l'hiéroglyphe de la nature - vierge de tout regard